Cliquez ici >>> 🍾 je ne pleure pas la mort de ma mùre

RĂ©sumĂ©du document. Dans la prĂ©face Ă  l'Ă©dition amĂ©ricaine de 1955, Camus tente de rĂ©sumer son Ɠuvre par une phrase dont il reconnaĂźt lui-mĂȘme ĂȘtre trĂšs paradoxale : « Dans notre sociĂ©tĂ© tout homme qui ne pleure pas Ă  l'enterrement de sa mĂšre risque d'ĂȘtre condamnĂ© Ă  mort ». Dixans aprĂšs le gĂ©nocide rwandais, c’est lors d’une formation sur la « gestion des Ă©motions » qu’un espace privilĂ©giĂ© s’avĂ©ra utile pour que des conseillers en trauma (soignants formĂ©s FilletteretrouvĂ©e pendue dans un foyer Ă  Paris : «On nous a rĂ©pondu que le risque zĂ©ro n’existait pas», tĂ©moigne sa mĂšre EXCLUSIF. Un mois aprĂšs le dĂ©cĂšs par pendaison de sa fille de Jeme suis levĂ©e, j’ai ouvert la porte de ma chambre. Au bout du couloir plongĂ© dans l’obscuritĂ©, la porte de la cuisine Ă©tait entrouverte et laissait passer de la lumiĂšre. Je suis passĂ©e devant le Plusencore, les Ă©tudes confirment qu'il serait mĂȘme bĂ©nĂ©fique de prendre une part active aux cĂ©rĂ©monies. "Quand mon grand-pĂšre est mort, j’ai Ă©crit un petit texte sur sa vie : ce que je savais de son enfance, de sa rencontre avec ma Site De Rencontre Gratuit Pour Ado Sans Inscription. Bonjour,Merci dñ€ℱavance aux personnes qui pourront me conseiller pour ce sujet,Depuis une semaine, jñ€ℱentends du bùtiment en face un chien qui pleure / qui a peur, et de maniÚre régulier. Je lñ€ℱentends mÃÂȘme avec les portes/fenÃÂȘtre fermé ne sais pas si le plus judicieux serait dñ€ℱappeler la police ou de contacter une association ? Je sais quñ€ℱen cas de danger imminent, cñ€ℱest la police que je dois contacter, mais dans ce cas je ne connaÃt pas son état, je ne lñ€ℱai jamais vu ce ï»żBonjour j'ai 16 ans, il y'a 1 mois ma mĂšre est dĂ©cĂ©dĂ© d'un cancer du systĂšme nerveux. Sa a Ă©tĂ© et sa est toujours horrible, la maladie Ă©tais horrible. Elle ne pouvait plus marcher, plus parler, plus manger, elle avait du mal Ă  entendre, et a voirs. Elle a perdu toutes ses capacitĂ©s en peu de temps. Sa a Ă©tĂ© trĂšs trĂšs difficile car c'est la seule personne de ma famille dont j'Ă©tais vraiment trĂšs proche. Je savais que sa allait arriver elle Ă©tait dans un hĂŽpital avec des soins palliatifs et mon pĂšre nous avait prĂ©venu. Je suis une fille qui ne montre pas ce qu elle ressens et quand je dois dire ce que je ressens j'ai beaucoup de mal et encore plus Ă  ma famille. Le matin du jour de sa mort, mon copain ma quittĂ© aprĂšs un an et demie de relation, je sais je suis jeune y'en aura pleins d'autres patati patata, et le soir ma mĂšre est dĂ©cĂ©dĂ©. Je ne restais pratiquement plus qu'avec mon copain et il m'a quittĂ©e du jour au lendemain sans vraie raison valable. Donc je me sentais dĂ©jĂ  hyper pas bien. GĂ©nĂ©ralement je suis une fille qui me sens seul mĂȘme en Ă©tant "entourĂ©". Donc lĂ  le grand vide. Puis le soir je disais donc, j'apprends que ma mĂšre est dĂ©cĂ©dĂ©. Je m'effondre. Et puis je pleurais beaucoup pendant 2/3jours + j'ai fais une crise ou je me suis ouvert le bras assez profondĂ©ment. Depuis que j'ai 13 ans j'ai des problĂšmes de sommeils mais depuis 1 mois c'est 100 fois pire, depuis ce qui est arrivĂ© le dĂ©cĂšs et mon copain je dors que 3h par nuit. Et donc maintenant que j'ai raconter tous ca. J'en viens donc Ă  mes questions. AprĂšs 3jours ou JAI su la nouvelle, et une fois a l'enterrement quand j'ai fais mon discours. Je me suis rendu compte que sa fais 3 semaines que je n'arrive plus Ă  pleurer, je suis juste en colĂšre, pourtant je suis aussi triste mais je suis trĂšs en colĂšre, je sais pas contre qui contre quoi tous ce que je sait c'est que je suis toujours Ă©nervĂ©e et pas trĂšs bien enfin c'est bizarre je sais pas vraiment comment je me sens juste la colĂšre, puis quand je me sens comme ca gĂ©nĂ©ralement je pleure un bon coup et sa passe mais la absolument rien, les photos, les musiques tristes, rien, y'a rien qui sort et j'commence a en avoir assez de me sentir comme ca j'ai envie que sa sorte je sais pas j'ai envie d'arrĂȘter de me sentir toujours de cette façon et je sais mĂȘme pas quels mots utiliser pour dire ce que je ressens je sais pas ce que je ressens jais juste envie de tout casser. J'ai perdu 7 killos en 1 mois, je dors plus, et je n'arrive plus Ă  pleurer je veux juste comprendre si sa sera ca ma vie? AprĂšs on va me dire que tout s'en va avec le temps, mais depuis que sa maladie a commencer c'est Ă  dire depuis 1 ans jusqu'Ă  la mort de ma mĂšre, c'est allez de pire en pire et je sens que sa sera pas meilleur aprĂšs jveux dire, la seule personne que j'ai envie de voir ou d'ĂȘtre avec c'est soit ma mĂšre, soit mon ex, et c'est pas possibles. Les autres je fais semblant mais sa rime Ă  rien, j'arrive Ă  peine Ă  rigoler et ĂȘtre sympa. Je fais que de fumer. Je sais pas on dirait que je me suis lasser de la vie j'a plus guout a rien. Bref et ce que je voulais savoir c'est pourquoi je n'arrive plus Ă  pleurer? Je suppose que sa a un liens avec la mort de ma mĂšre, c'est encore tout ressens. Mais j'ai peur qu'une fois que sa revienne y'a tout qui sorte.. Cinq mois aprĂšs la mort de son papa, la fille de Jean-Pierre Pernaut, Lou, a donnĂ© une interview Ă  la chaĂźne YouTube de Gossip Room. Cette derniĂšre s'est longuement confiĂ©e sur son processus de deuil. Une interview trĂšs Ă©mouvante. Cinq mois aprĂšs le dĂ©cĂšs de son pĂšre, Lou Pernaut a accordĂ© un long entretien Ă  la chaĂźne YouTube de Gossip Room, ce samedi 6 aoĂ»t. La fille cadette de Jean-Pierre Pernaut et de Nathalie Marquay a abordĂ© de nombreux sujets, dont la mort brutale de l'ancien prĂ©sentateur du JT de TF1 survenue le 2 mars dernier et son processus de deuil qui a suivi. "J'Ă©tais grave entourĂ©e, je ne pleurais pas Ă©normĂ©ment. Parce que je voulais ĂȘtre forte pour ma mĂšre, forte pour mon frĂšre, mais je sais que mon chĂ©ri il en a pris... Il a bien pris, parce que je pleure tout le temps devant lui", a commencĂ© la jeune femme de 19 le fait d'avoir perdu son pĂšre, Lou Pernaut a dĂ» gĂ©rer la pression qui cela a engendrĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, oĂč elle compte pas moins de abonnĂ©s sur Instagram. "On ne peut pas montrer tout le temps qu'on pleure. Il ne faut pas croire qu'aprĂšs un deuil, on pleure non-stop. Tu as ta maniĂšre de voir les choses et si tu as envie de pleurer toute seule dans ton lit le soir, c'est ton choix. Si tu n'as pas envie de pleurer, c'est ton choix", a-t-elle Pernaut subit de nombreuses critiques dans les mĂ©diasCette pression, Lou Pernaut y est exposĂ©e depuis de trop nombreux mois. Et la mĂ©diatisation dont elle subit les consĂ©quences dĂ©passe la seule plateforme des rĂ©seaux sociaux. Comme par exemple lorsque Laurent Fontaine l'avait publiquement pointĂ©e du doigt sur le plateau de Touche pas Ă  mon poste. "Pardon, mais ce que je vois n'est pas trĂšs digne et je pense que tu devrais, depuis la mort de ton pĂšre, calmer un peu les TikTok, reprendre les Ă©tudes et travailler", avait notamment dĂ©clarĂ© le chroniqueur. Non, Lou Pernaut n'a pas besoin de ça.© Agence 2/12 - Lou Pernaut La fille cadette de Jean-Pierre Pernaut et de Nathalie Marquay a abordĂ© de nombreux sujets... © Agence 3/12 - Lou Pernaut Dont la mort brutale de l'ancien prĂ©sentateur du JT de TF1 survenue le 2 mars dernier et son processus de deuil qui a suivi. © DOMINIQUE JACOVIDES 4/12 - Lou Pernaut "J'Ă©tais grave entourĂ©e, je ne pleurais pas Ă©normĂ©ment. Parce que je voulais ĂȘtre forte pour ma mĂšre, forte pour mon frĂšre, mais je sais que mon chĂ©ri il en a pris...", a commencĂ© la jeune femme de 19 ans. © DOMINIQUE JACOVIDES 5/12 - Lou Pernaut Outre le fait d'avoir perdu son pĂšre, Lou Pernaut a dĂ» gĂ©rer la pression que cela a engendrĂ© sur les rĂ©seaux sociaux, oĂč elle compte pas moins de abonnĂ©s sur Instagram. © Christophe Clovis 6/12 - Lou Pernaut "On ne peut pas montrer tout le temps qu'on pleure. Il ne faut pas croire qu'aprĂšs un deuil, on pleure non-stop." © Christophe Clovis 7/12 - Lou Pernaut "Tu as ta maniĂšre de voir les choses et si tu as envie de pleurer toute seule dans ton lit le soir, c'est ton choix." © Christophe Clovis 8/12 - Lou Pernaut "Si tu n'as pas envie de pleurer, c'est ton choix", a-t-elle continuĂ©. © CYRIL MOREAU 9/12 - Lou Pernaut Cette pression, Lou Pernaut y est exposĂ©e depuis de trop nombreux mois. © CYRIL MOREAU 10/12 - Lou Pernaut Et la mĂ©diatisation dont elle subit les consĂ©quences dĂ©passe la seule plateforme des rĂ©seaux sociaux. © CYRIL MOREAU 11/12 - Lou Pernaut Comme par exemple lorsque Laurent Fontaine l'avait publiquement pointĂ©e du doigt sur le plateau de Touche pas Ă  mon poste. © AurĂ©lien Morissard 12/12 - Lou Pernaut Non, Lou Pernaut n'a pas besoin de ça. PubliĂ© le 11 aoĂ»t 2022 Ă  18h53Source Sujet TF1 InfoL’animateur des "12 Coups de midi" a annoncĂ© le dĂ©cĂšs de sa mĂšre de 87 ans dans un post poignant sur les rĂ©seaux sociaux."Tu mettais tous les jours du soleil dans ma vie", dĂ©cembre, il avait parlĂ© Ă  l'antenne sur la maladie rĂ©nale dont elle parlait de lui comme d’un "pitre" qui "faisait rire tout le monde" et "n’avait peur de rien". Mais "aujourd’hui je pleure", dĂ©clare Jean-Luc Reichmann sur les rĂ©seaux sociaux ce jeudi 11 aoĂ»t en annonçant le dĂ©cĂšs de sa mĂšre Josette, survenu le 1er aoĂ»t Ă  l'Ăąge de 87 ans. "Mon cƓur ne brille plus, le tien s’est Ă©teint. Ce soir, ta place sera vide Ă  la belote, car tu es partie rejouer avec Papa 'Une drĂŽle de vie'", Ă©crit-il sur Instagram. En dĂ©cembre, il avait indiquĂ© dans l'Ă©mission "Les 12 coups de midi" qu'elle Ă©tait en que tu sois, oĂč que je sois, tu seras toujours lĂ , tout prĂšs de moiJean-Luc Reichmann"Tu mettais tous les jours du soleil dans ma vie Maman avec tes mots si justes, tes expressions si drĂŽles, tes rĂ©flexions si dĂ©sarçonnantes", ajoute-t-il. L’animateur de TF1 loue ses parents, qui ont appris Ă  la fratrie Reichmann, composĂ©e de Marie-Laure et Bruno, Ă  "donner, Ă  partager, Ă  transmettre, Ă  travailler, Ă  nous battre dans le respect, Ă  rire, Ă  rassembler, Ă  tout se dire, Ă  ĂȘtre fort et loyal mais surtout sincĂšre". Dans un documentaire diffusĂ© sur TF1 Ă  l’occasion des 12 ans du jeu de la mi-journĂ©e, Josette Reichmann assurait que son fils ne s’était "jamais plaint" malgrĂ© les moqueries liĂ©es Ă  sa tache de naissance. "Il a toujours Ă©tĂ© trĂšs rĂ©servĂ© lĂ -dessus parce qu'il ne voulait pas nous faire de peine je pense. Il a dĂ» me demander une fois ou deux 'Mais pourquoi j'ai cette tache ?'. Je lui ai dit que ça se passerait", racontait-elle. "Je vais essayer de continuer le chemin que tu as tracĂ©, celui de la magie de la vie que tu nous as ouvert avec Papa, mais avec ce sentiment insupportable du manque de toi, de ta voix au quotidien, de ton regard si malicieux et si complice, de ta prĂ©sence si charismatique", poursuit l’animateur dans son long message hommage Ă  sa aussiJean-Luc Reichmann se remĂ©more avec Ă©motion le "roastbeef dominical familial, le gĂąteau aux petits beurres pour les grandes occasions, les roses blanches du dimanche et la bĂ»che glacĂ©e Ă  la crĂšme au beurre et au cafĂ© ratĂ©e tous les NoĂ«l." Autant de souvenirs qu’il "n’oubliera jamais". "Je t’aime fort, tu sais, Maman et je sais que de lĂ  oĂč tu es, tu nous vois et que tu veilles sur nous. OĂč que tu sois, oĂč que je sois, tu seras toujours lĂ , tout prĂšs de moi", conclut-il, partageant des photos de sa mĂšre en train de DE FREITASSur lemĂȘme thĂšmeToutTF1 InfoLes + lusDerniĂšre minuteTendanceVoir plus d'actualitĂ©s Voir plus d'actualitĂ©s Voir plus d'actualitĂ©s Au tout dĂ©but, le mĂ©decin a assurĂ© Six mois. » Maryse Wolinski vivra six ans. Tout a commencĂ© par un simple rendez-vous chez la gynĂ©cologue. La docteure de toujours, alertĂ©e par les analyses, a prescrit d’autres examens. Le diagnostic est vite tombĂ© cancer du poumon et de la plĂšvre, stade 4. Maryse Wolinski a dĂ©cidĂ© de se battre contre la maladie. La romanciĂšre aimait, comme toute personnalitĂ© publique, qu’on parle d’elle. Alors Elsa Wolinski, sa fille de 48 ans, continue Ă  parler d’elle. La journaliste raconte avec son humour, sa voix d’enfant, ses larmes une mĂšre Ă©goĂŻste et volontaire. Les souvenirs sont tous intacts, sauf les noms des hĂŽpitaux parisiens. On les retrouvera ensemble l’hĂŽpital Curie, l’hĂŽpital Cochin, l’établissement de soins palliatifs Jeanne-Garnier. Elsa Wolinski est l’enfant d’un couple cĂ©lĂšbre le dessinateur Georges Wolinski et l’écrivaine Maryse Wolinski. La fille a perdu son pĂšre, en janvier 2015, dans l’attentat de Charlie Hebdo puis sa mĂšre, en dĂ©cembre 2021, d’un cancer du poumon. Mon pĂšre est mort d’une balle en un souffle, alors que ma mĂšre a agonisĂ© Ă  l’hĂŽpital. » Parfois, elle dit que tout va bien et, parfois, elle dit que tout va mal. Les deux sont aussi - Quand Maryse Wolinski racontait sa rencontre avec Georges alors qu'elle travaillait au JDDMaryse BachĂšre et Georges Wolinski se sont rencontrĂ©s en 1968. Georges Wolinski Ă©tait alors veuf, depuis deux ans, de Jacqueline Saba. Il a eu deux filles de son premier mariage Frederica et Natacha Wolinski. Maryse et Georges Wolinski se marient en 1971 et leur fille naĂźt en 1974. Les trois sƓurs grandissent ensemble. Les deux filles de Jacqueline Saba ne sont pas proches de leur belle-mĂšre. La petite derniĂšre s’est sentie souvent seule, tout au long de la maladie de sa mĂšre. Maryse Wolinski a rĂ©agi Ă  son cancer comme Ă  la mort de son mari on ne pleure pas, on y va, on se bat. Elsa Wolinski Ma mĂšre ne m’a pas laissĂ© le choix. Elle disait “on”. On va lutter, on va s’en sortir, on va guĂ©rir. Mais il n’y avait pas de “on” car je n’avais pas de cancer. J’ai pensĂ© elle va me refiler son cancer vite fait, bien fait car ainsi elle ne se battra plus pour elle mais pour moi. Je lui rĂ©pĂ©tais j’ai ma vie Ă  mener. Elle s’en foutait. Elle voulait que je sois avec elle. Durant toute cette pĂ©riode, mon quotidien s’est rĂ©sumĂ© Ă  mes enfants, ma mĂšre, mon travail. » À l’époque, Elsa Wolinski a 42 ans. Elle est cĂ©libataire, avec deux filles. Il y a Lilah nĂ©e en 2005 et Bianca nĂ©e en 2009. La mĂšre de famille est tombĂ©e amoureuse une seule fois durant tout ce temps. L’histoire a Ă©tĂ© douloureuse. L’homme s’appelait Charlie. Il lui faisait penser Ă  son dernier NoĂ«lDurant les six ans de maladie, il y a eu des moments oĂč Maryse Wolinski se portait bien. Elle voyait ses amis, allait au restaurant, faisait ses courses. Les traitements se sont succĂ©dĂ©s. La chimio par voie orale elle a perdu ses cheveux. Les chimios par voie intraveineuse elle dĂ©testait se rendre Ă  Curie. Ses plaintes Ă©taient constantes Ă  l’hĂŽpital. La nourriture immangeable, les nuits bruyantes, les gens infrĂ©quentables. Elsa Wolinski Ma mĂšre est snob alors que je suis populaire. Pour avoir une chance d’entrer en contact avec elle, il faut ĂȘtre cultivĂ© et intelligent. J’adore les gens donc je n’aimais pas l’entendre critiquer les autres. » Les moments lĂ©gers n’ont pas Ă©tĂ© nombreux, mais ils ont existĂ© comme des bulles de savon. Les rires ; le dernier NoĂ«l avec la photographe Capucine Henry ; les Wolinski a fait face, comme elle le pouvait. Durant la maladie de sa mĂšre, elle a grossi de quinze kilos. Elle enchaĂźnait les crises de boulimie la nuit. Mes crises de boulimie commençaient vers 20 heures. Mes filles m’aidaient sans me juger. Elles me rassuraient ça va aller. » Les deux filles d’Elsa Wolinski n’ont pas tissĂ© de liens forts avec leur grand-mĂšre. Maryse Wolinski n’a plus voulu les voir, quand elle s’est sentie trop diminuĂ©e par la maladie. Ma mĂšre Ă©tait difficile. Je prenais le tĂ©lĂ©phone pour l’appeler et j’entendais toujours la mĂȘme phrase tu ne sais pas Ă  quel point c’est dur ce que je vis. Matin, midi, soir. Je ne pouvais plus entendre ces mots. Je voulais fracasser mon tĂ©lĂ©phone contre le mur. Je me rends compte maintenant Ă  quel point j’étais triste. Tout Ă©tait noir. J’attrapais les petits maux de ma mĂšre. Quand elle avait des irritations, j’en avais aussi. Quand elle avait des douleurs aux jambes, j’en avais aussi. Elle me parlait et je rĂ©pondais moi aussi. »Compte Ă  reboursElsa Wolinski se souvient du professeur ayant opĂ©rĂ© sa mĂšre de la plĂšvre. Il lui a assurĂ© sĂšchement qu’il n’y avait plus rien Ă  faire et qu’il Ă©tait inutile de se battre. J’ai eu envie de lui foutre mon poing dans la gueule. » Un jour, en mai, l’oncologue de Curie lui a affirmĂ© Il n’y aura pas de mois d’octobre. » Depuis le mois de mai, Elsa Wolinski se rĂ©pĂ©tait qu’il n’y aurait pas de mois d’octobre. Il y eut un mois d’octobre, il y eut un mois de novembre. Sa mĂšre est morte en dĂ©cembre. Quand on vous donne une telle Ă©chĂ©ance, on ne perçoit pas les jours qui passent comme du temps en plus. On est dans un compte Ă  rebours. Tout paraĂźt lourd et long. On n’en peut plus de porter tant de souffrance. Je n’arrivais pas Ă  partir avec mes filles durant les vacances scolaires. J’étais comme paralysĂ©e. Ma mĂšre serait-elle toujours lĂ , Ă  mon retour ? On sait Ă©videmment que tout ce que l’on subit n’est rien Ă  cĂŽtĂ© de ce que la personne malade endure. On ne l’oublie jamais. » Le plus douloureux fut pour Elsa Wolinski le moment oĂč sa mĂšre, si Ă©loquente, a perdu la facultĂ© de parler. Maryse Wolinski Ă©tait alors Ă  aussi - Elsa Wolinski sur la mort de sa mĂšre Maryse "Depuis l’attentat, elle a luttĂ© pour survivre"On Ă©tait proche de la fin. Maryse Wolinski Ă©tait seule chez elle. Durant une nuit, elle a eu extrĂȘmement mal Ă  l’estomac. Les urgences l’ont emmenĂ©e Ă  l’hĂŽpital Cochin. Elsa Wolinski Ă©tait Ă  Roubaix pour raisons professionnelles. Elle avait des rĂ©unions importantes. Sa mĂšre n’avait pas voulu la dĂ©ranger durant son travail. Elsa Wolinski l’a rejointe Ă  l’hĂŽpital Cochin, vers 16 heures. Maryse Wolinski avait la capacitĂ© de rester sans bouger de place durant un temps interminable. Sa fille l’a vue son corps souffrant allongĂ© depuis six heures du matin sur un brancard aux urgences. Maryse Wolinski avait ses chaussures Repetto et son joli sac serrĂ© contre son ventre. Elle a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e dans une chambre. Les mĂ©decins ont dĂ©cidĂ© de la garder en observation. En sortant de l’hĂŽpital Cochin, Elsa Wolinski a appelĂ© sa demi-sƓur Natacha Wolinski Je ne tiens pas, je suis en dĂ©pression, je n’en peux plus d’ĂȘtre seule. Aide-moi. » Natacha et Frederica Wolinski ont Ă©tĂ© de temps avant la mort de sa mĂšre, Elsa Wolinski avait commencĂ© Ă  voir un psychanalyste. L’homme a Ă©tĂ© un soutien Ă©clairant. L’oncologue de l’hĂŽpital Curie avait proposĂ© un nouveau traitement Ă  sa mĂšre. Le psychanalyste a aidĂ© sa patiente Ă  renoncer Ă  tout espoir inconsidĂ©rĂ©. Les traitements affaiblissaient de plus en plus sa mĂšre, avec de moins en moins de probabilitĂ© de vie. Elle souffrait. Quand Elsa Wolinski est arrivĂ©e Ă  Cochin, elle a pu parler Ă  un pĂŽle de femmes infirmiĂšres et mĂ©decins. Elles lui ont expliquĂ© que la chimio faisait souffrir inutilement Maryse Wolinski. Un tournant a eu lieu Ă  Cochin. Maryse Wolinski hĂ©sitait Ă  arrĂȘter le traitement. Sa fille Elle avait une relation enfantine avec son oncologue. Ma mĂšre Ă©tait dans le double discours. Avec elle, elle acquiesçait et avec moi, elle contestait. Ma mĂšre est bien Ă©levĂ©e et n’ose pas formuler les choses. Je suis au contraire bagarreuse et frontale. » Elsa Wolinski a rencontrĂ© pour la premiĂšre fois de l’écoute, de la douceur, de l’empathie Ă  l’hĂŽpital Cochin. L’infirmiĂšre et la mĂ©decin lui feront parvenir un message pour savoir comment se porte sa mĂšre Ă  Jeanne-Garnier. Je n’ai pas rĂ©pondu tout de suite et aprĂšs j’ai perdu le message. Je m’en suis Ă©normĂ©ment voulu. »DĂ©fier la mortÀ partir de Cochin, Natacha et Elsa Wolinski se sont relayĂ©es Ă  l’hĂŽpital. Ma sƓur a Ă©tĂ© un vrai rĂ©confort pour moi. Je pouvais enfin me reposer et pleurer. » Maryse Wolinski a arrĂȘtĂ© le traitement et a Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©e Ă  l’établissement de soins palliatifs Jeanne-Garnier. On lui a prĂ©cisĂ© qu’elle y allait pour se reposer et qu’elle rentrerait chez elle aprĂšs. Cela aurait pu ĂȘtre le cas, ce ne fut pas le cas. Les mĂ©decins ont fait comprendre Ă  sa fille que la fin Ă©tait proche. Elsa Wolinski Ma mĂšre ne pouvait plus vivre seule. Si elle rentrait chez elle, j’allais m’effondrer. Car pour moi cela voulait dire aller chez elle plusieurs fois par semaine, faire les courses, lui tenir compagnie. Je ne devrais sans doute pas le dire, mais j’assume de le dire. Jeanne-Garnier est un lieu extraordinaire par son humanitĂ©. J’ai enfin pu avouer je n’en peux plus, est-ce que c’est horrible de penser ça, qu’est-ce que je dois faire ? » Maryse Wolinski est restĂ©e trois semaines Ă  Jeanne-Garnier."Elle a combattu la mort jusqu’au dernier souffle, au lieu de s’y abandonner"Un dĂ©filĂ© permanent. Maryse Wolinski faisait sans cesse venir des gens Ă  son chevet. On venait la visiter. Elle se sentait ainsi aimĂ©e et soutenue. Elsa Wolinski Mes parents Ă©taient des gens sociables. Quand ma mĂšre est devenue veuve et malade, les gens ont Ă©tĂ© moins nombreux autour d’elle. Ma mĂšre a Ă©tĂ© entourĂ©e parce qu’elle Ă©tait franc-maçonne. » Il y a eu aussi des prĂ©sences inoubliables. Le mĂ©decin de famille des Wolinski, Monique Horwitz, vit Ă  la campagne depuis la retraite. Elle est arrivĂ©e Ă  Paris et a dormi durant dix jours Ă  Jeanne-Garnier pour tenir compagnie Ă  son ancienne patiente. À la fin de sa vie, Maryse Wolinski s’est mise Ă  croire Ă  nouveau en Dieu. Un diacre s’est rendu Ă  son chevet. Le diacre a rĂ©vĂ©lĂ© Ă  Elsa et Natacha Wolinski que leur mĂšre Ă©tait partie en murmurant JĂ©sus ». Elsa Wolinski Ma mĂšre Ă©tait une femme extraordinaire, intelligente, forte, lucide et Ă©goĂŻste. Elle a combattu la mort jusqu’au dernier souffle, au lieu de s’y abandonner. Je rĂȘvais d’une fin comme dans les films, oĂč elle me dirait qu’elle m’aime et me remercierait d’avoir Ă©tĂ© prĂ©sente, mais elle est partie toute seule sans un regard. Elle n’est mĂȘme pas morte en disant “Georges” ou “Elsa”. Je pense qu’elle draguait le diacre. Ma mĂšre aura aimĂ© les hommes jusqu’au bout. »Elsa Wolinski a dĂ©testĂ© l’enterrement. Elle a enfilĂ© sa paire de santiags et a choisi une musique d’AurĂ©lie Saada, Nos amours heureux, afin de faire ­plaisir Ă  son pĂšre. Le pire a Ă©tĂ© de vider l’appartement de ses parents. Il faut faire attention Ă  ce que l’on laisse Ă  ses enfants. J’ai retrouvĂ© des photos Ă©rotiques de mon pĂšre et de ma mĂšre. J’aurais prĂ©fĂ©rĂ© naĂźtre dans un chou plutĂŽt que dans un film pornographique. J’ai dĂ©testĂ© ĂȘtre dans les affaires de ma mĂšre. J’avais l’impression de violer son intimitĂ©. Elle avait un costume de mon pĂšre qu’elle embrassait tous les matins. Je l’ai conservĂ©. J’ai compris que je ne veux pas faire vivre Ă  mes enfants ce que j’ai vĂ©cu moi. Je vais faire attention Ă  ma mort. »Entre l’enterrement et le dĂ©mĂ©nagement, Elsa Wolinski s’est tranchĂ© la main, un soir, avec un couteau de cuisine. Les pompiers et le Samu lui ont demandĂ© si son mari pouvait la prendre en charge. Aucun mari. Seulement deux enfants. Elle a eu de nombreux points de suture. Elle n’a pas rĂ©ussi pour autant Ă  couper le lien avec sa mĂšre. D’autres souvenirs surviennent. Maryse Wolinski dĂ©sirait souvent des meringues le dimanche aprĂšs-midi. Elsa Wolinski rĂąlait. Elle voulait ĂȘtre avec ses filles, elle savait nombre de boulangeries fermĂ©es, elle devait Ă  nouveau courir partout. Mais quand elle arrivait dans la chambre d’hĂŽpital, le visage de Maryse Wolinski s’éclairait soudainement. Alors, elle Ă©tait heureuse."À peine avais-je enterrĂ© ma mĂšre que j’ai tout fait pour l’oublier"La fille est passĂ©e d’enfant Ă  aidant. Je suis une orpheline qui assume aimer de ne plus avoir Ă  s’occuper de ses parents. Je me sens libre et lĂ©gĂšre. Je me rends compte maintenant Ă  quel point le cancer de ma mĂšre m’a fragilisĂ©e pendant six longues annĂ©es. Je ne regrette rien car l’avoir accompagnĂ©e me permet de me sentir forte et fiĂšre. Le voyage Ă  effectuer fut long et douloureux. Mais toucher la mort, la regarder arriver, m’a appris Ă  profiter de la vie. De ma vie, Ă  moi. À peine avais-je enterrĂ© ma mĂšre que j’ai tout fait pour l’oublier. » Elsa Wolinski a fui le cimetiĂšre, sa mĂšre, le passĂ©. Les souvenirs sont revenus en force, de longs mois aprĂšs. Sa mĂšre commence seulement aujourd’hui Ă  lui manquer. Elsa Wolinski avoue soudainement Plus le temps passe et moins je me sens bien. » Il faut tenir avant d’espĂ©rer guĂ©rir. Je ne me suis pas occupĂ©e du caveau. Elle m’a Ă©puisĂ©e de son vivant, alors je ne veux pas qu’elle m’épuise de sa mort. » On se parle le jour de l’anniversaire de sa mĂšre. Les larmes surgissent. Elsa Wolinski a dĂ©cidĂ© de fleurir la tombe. La fille aimait rendre sa mĂšre heureuse. Rien n’a raconte. Les meringues le dimanche aprĂšs-midi, la prĂ©sence de Natacha et Francesca Wolinski Ă  l’hĂŽpital auprĂšs de leur belle-mĂšre, la venue rĂ©confortante du mĂ©decin de famille. Elsa Wolinski veut faire revivre sa mĂšre adorĂ©e sans la mythifier. Ma mĂšre culpabilisait les autres. Rien n’était jamais assez pour elle. Je venais la voir, je restais six heures, je me levais pour rentrer voir mes enfants. Elle m’arrĂȘtait, aussitĂŽt non, pas dĂ©jĂ . À la fin, elle ne s’intĂ©ressait qu’à elle-mĂȘme. Elle ne me demandait jamais comment j’allais. Il y a eu un moment particuliĂšrement dur. L’infirmiĂšre lui a souri votre fille est lĂ , formidable. Ma mĂšre a alors rĂ©pondu elle ne ressemble qu’à son pĂšre. Je ressortais de l’hĂŽpital et je cherchais immĂ©diatement une boulangerie. » À chaque visite, au moment de partir, Elsa Wolinski rĂ©pondait au doigt levĂ© de sa mĂšre À demain, maman. » Un jour, le mĂ©decin l’a avertie ArrĂȘtez de lui dire Ă  demain, c’est ce qui la fait tenir. » Maryse Wolinski aurait dĂ» mourir beaucoup plus tĂŽt. Sa fille Elle a mis un doigt Ă  la mort. »Elsa Wolinski Ă©tait dans un taxi. Elle allait voir sa mĂšre Ă  la maison mĂ©dicale Jeanne-Garnier. Pour une fois, elle avait bien organisĂ© les choses, afin de pouvoir travailler sur place. D’habitude, il lui manquait toujours un objet. LĂ , elle avait son ordinateur prĂšs d’elle, comme un bout de vie concrĂšte. Quand la voiture s’est retrouvĂ©e rue Manin, dans le 19e arrondissement de Paris, le portable a sonnĂ©. La voix Ă©tait, cette fois-ci, masculine. Un jeune mĂ©decin, arrivĂ© quelques jours auparavant, lui a annoncĂ© Madame Wolinski, je vous appelle pour vous dire que votre maman est partie ce matin. » Elsa Wolinski a immĂ©diatement pensĂ© Ă  la phrase prononcĂ©e par son ex-mari pour lui apprendre la mort de Georges Wolinski Ton pĂšre est parti. » Elle s’est dit que tout recommençait. Mais peut-ĂȘtre n’avait-elle pas bien compris. Elsa Wolinski a fait rĂ©pĂ©ter la phrase au ­mĂ©decin. Elle avait bien compris. Elle l’a interrogĂ© Qu’est-ce que je dois faire maintenant ? » Elle a annoncĂ© au chauffeur de taxi que sa mĂšre Ă©tait morte. Elsa Wolinski a pensĂ© qu’une Ă©preuve, encore une autre, lui tombait dessus. Ses premiĂšres pensĂ©es ont Ă©tĂ© pour l’enterrement. Tout ce qu’elle allait devoir continuer Ă  affronter. On Ă©tait le 9 dĂ©cembre 2021. Rien n’était terminĂ©. Elle est restĂ©e seule dans le taxi.

je ne pleure pas la mort de ma mĂšre